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Le commencement, la continuité et la fin

10 février 2016

Québec, Québec

Je compose un texte dans ma tête. Il surgit seul et je ressens le besoin d'écrire.

« Je me revois à plusieurs moments de mon adolescence où je m'ennuyais. Le désespoir de ne pas savoir quoi faire de ses longues journées. Comment occuper mon temps? Qu'est-ce que j'ai besoin et qu’est-ce que je veux? Difficile d’harmoniser les deux.

Je ressens ses sentiments comme s'ils avaient existé il y a très longtemps (pourtant je continue d’avoir des moments de folie interne et de chaos total, mais je constate qu’ils sont moindres et plus fluides). J’apprivoise cette folie beaucoup mieux qu’avant, alléluia!

L'ennui, la quête de sa nature véritable et de son soi, se sont transformés en passions pour ce que j'aime vivre et faire. Je vie et me nourris d'expériences, en embrassant chaque moment pour ce qu'il est. Parfois, en y observant le positif, et/ou ce que je peux retenir de cette expérience vécue pour m'enrichir.

J'ai eu des moments tristes et des moments heureux… et assurément, je continue d'en vivre, mais je suis consciente que tout est éphémère et impermanent. Par exemple, l’instant présent: moi en train d'écrire, vous en train de me lire... tout a un début, une continuité et une fin. Avec le temps, la pratique du Yoga et la sagesse (haha!), j'ai appris à savourer mes tristesses d'égale à mes joies (bon, il y a un peu de romance ici, mais ça se rapproche beaucoup de la vérité).

Les voyages ont été pour moi, ne le sont pas pour tout les gens, des grands terrains de jeux où je me suis blessée et relevée à mainte reprises. Parfois, me relevée prenait beaucoup plus de temps que je me l'aurait imaginée. J'ai chérie ses moments, car tout à un commencement, une continuité et une fin. D'un moment à l'autre, en étant consciente du moment présent, mon sentiment "positif" ou "négatif" allait se dissiper et faire place à un autre ressentit. Bref, à travers mes voyages d'exploration avec la vie elle-même, à grandes ou petite envergures, je me suis épanoui dans l'instabilité. Sans cesse à l'affût du nouveau, de la beauté de l'impermanence. Encore fallait-il que j'apprenne à vivre l'épanouissement et la réalisation les pieds bien encrés, sur un continent, dans un logis, car tout à un commencement, un début et une fin.

Je revenais à la maison, au Québec; là où le Fleuve se rétrécit. En vivant dans la sécurité de savoir où j'allais dormir, ce que j'allais manger, les évènements qui se répètent et qui semblent identiques... Ô misère!!! Quelle atrocité! Quand j'y songe, j'arrive à me remémorer la difficulté qui m'habitait lorsque je revenais au Québec. AOUCH! Après de longs périples parsemés de rencontres inoubliables, de surprises et d'inattendus à l'étranger (qui était pour moi une zone de confort, un parc d'amusement), j'ai vécu de rudes batailles intérieures par rapport au besoin incessant de vouloir voyager. Être en mouvement était ma sécurité, mon confort.

Heureusement, j'en suis parvenue a canalisée se besoin. Premier truc de pro: maintenant, je me déplace constamment à vélo! Où que j'aille, je roule en équilibre sur l'instabilité et le mouvement. Deuxième truc de pro : je vie mes passions en caressant le moment présent (OMassage, Yoga et Acro-Yoga, vélo, cuisiner, m’entourer d’amis que j’aime profondément, vivre avec la nature, avoir des moments pour me recueillir, etc).

Bref, tout cela pour dire qu'aujourd'hui, avec tout ce que j'ai acquis, je suis apte à accepter avec béatitude et bonheur que la stabilité physique, émotionnelle et spirituelle fait partie de moi et mon quotidien. Certains moments de crises euphoriques ou colériques font encore surface. Toutefois, je suis heureuse de pouvoir me confier à moi-même et vous, en confirmant que le bonheur existe. Il vit en moi et je tenais à vous le présenter.

Le bonheur en moi reconnaît et salut le bonheur et la lumière en vous ».

Joannie Ménard